Passer au contenu principal

Programme : BESTLIFE2030

Construction d’un plan de gestion concertée sur les Zones de Droits d’Usage Collectifs Kali’na de Kourou et Lokono de Matoury

Les Zones de Droit d’Usage Collectifs (ZDUC) permettent, depuis 1990, aux populations autochtones de Guyane de bénéficier d’un régime foncier spécifique qui garantit leur libre usage des terres nécessaires à leurs activités de subsistances. Cependant, certaines de ces ZDUC sont situées au sein du Domaine Forestier Permanent (DFP) de l’État, une vaste zone de 2,4 millions d’hectares créée en 2008 et soumise au Code forestier. Conformément à ce cadre juridique, l’ONF est tenu de rédiger des documents d’aménagement forestier pour ces zones, malgré la présence antérieure de ces ZDUC. Cette superposition crée des ambiguïtés dans les orientations de gestion. Pour pallier ce problème, l’ONF souhaite engager un dialogue entre les communautés amérindiennes et les acteurs institutionnels afin de promouvoir une concertation autour d’une gestion participative des espaces forestiers.

Ce projet, au cœur de cette démarche, vise les communautés Kali’na de Kourou (village Kuwano et Kourou) et Lokono de Matoury (village de Sainte-Rose-de-Lima et Cécilia). Il se déploiera en quatre phases :

  1. Présentation du projet et recrutement de référents issus de ces communautés, avec l’appui des chefs coutumiers
  2. Consolidation collective de la logique d’intervention, de la méthodologie et des modes d’intervention
  3. Co-organisation et co-animation de trois ateliers thématiques participatifs et deux visites de terrain par village, pour identifier les enjeux propres à chaque usage et établir un plan de gestion qui concilie le Code forestier avec les lois et règles coutumières
  4. Rédaction des documents de gestion forestière durable

Pour garantir un échange équilibré de savoir-faire, les référents et les chefs de projet de l’ONF suivront une formation commune aux méthodes participatives de concertation et travailleront en étroite collaboration tout au long du projet. Ce dernier aboutira à l’élaboration d’une charte d’engagement pour la durabilité des usages traditionnels. Au-delà de ce projet, l’objectif est de maintenir une relation pérenne et concrète avec les communautés.

Durée : 36 mois

Éradication du rat noir de l’îlot Mbouzi

L’éradication de populations invasives en milieu insulaire est un outil très efficace pour la conservation de la biodiversité et la restauration des processus écosystémiques altérés. A Mayotte, l’ilot Mbouzi (Réserve Naturelle Nationale) est envahi par une population de rats noirs dont les impacts mettent en péril les espèces natives du site, qui pour certaines représentent les dernières populations relictuelles à l’échelle de Mayotte. Leur éradication a donc été identifiée comme une priorité de conservation, inscrite notamment au plan de gestion de la RNN de l’ilot Mbouzi. Il s’agit à ce jour de l’unique option de gestion permettant de supprimer efficacement et durablement l’impact du rat sur la biodiversité du site.

Aujourd’hui, l’éradication de rats sur toute île de plus de 5 ha repose exclusivement sur l’utilisation d’anticoagulants de seconde génération. Il s’agit d’une méthode de gestion fiable (probabilité de succès supérieure à 90%) et répandue à travers les îles du monde (plus de 600 opérations à ce jour, des dizaines d’opérations en cours). Considérant le risque d’impact potentiel sur quelques espèces non-cibles présentes à Mbouzi, notamment la population de makis ou lémurs bruns (Eulemur fulvus), cette éradication sera menée depuis le sol, via des stations à appâts sécurisées, afin de garantir l’acceptabilité sociale et environnementale de l’opération sans en affecter les chances de succès.

Les résultats de ce projet seront rapidement et directement visibles et mesurables en termes de gain pour la biodiversité à Mayotte, et le retour d’expérience sera partagé aux gestionnaires et scientifiques locaux, régionaux et internationaux pour améliorer les bonnes pratiques de lutte dans les nombreux territoires insulaires confrontés à des problèmes similaires.

RESTOCOR – Restauration de l’habitat et des populations de Cotylopus rubripinnis dans les cours d’eau de Mayotte

Cotylopus rubripinnis est un poisson amphidrome, endémique de l’archipel des Comores, protégé (arrêté N°361/DEAL/SEPR/2018), classé Vulnérable (UICN), déterminant pour les ZNIEFF et pour les zones clés de biodiversité définie dans le Profil d’écosystème – Région Océan Indien de 2017. A Mayotte, ses effectifs sont rares et dispersés (observés sur un tiers des cours d’eau).

Plusieurs pressions s’exercent sur les cours d’eau de Mayotte : plus de 330 obstacles à la continuité écologique, de nombreux usages domestiques perturbant la qualité des eaux, l’omniprésence de captages d’eau de surface qui ne respectent pas de débit réservé suffisant pour préserver la vie des espèces aquatiques.

Ces pressions menacent l’accomplissement du cycle de vie de C. rubripinnis : la colonisation des cours d’eau par les post-larves pour leur croissance, l’accès aux habitats en rivière pour la reproduction, la dévalaison des larves vers l’océan.

Ce projet vise la restauration des habitats de C. rubripinnis en termes de qualité des habitats (physico-chimique, physique), continuité écologique et ressource quantitative. Il s’intéresse aux phases suivantes :
• Identification des bassins versants prioritaires et gestionnaires associés ;
• Gestion et restauration des cours d’eau : référencement et enlèvement des obstacles à la continuité (seuils, embâcles, zones de lavandière) ;
• Ciblage d’actions de contrôle des prélèvements illégaux ;
• Ciblage pour les actions de maraudage pédagogique ;
• Education à l’environnement et sensibilisation : visites de différents publics (élus, scolaires), plaquettes, panneaux ;
• Suivis des espèces et du milieu, en lien avec les actions de restauration : évolution des faciès d’écoulement et substrats (zones de frayères), suivi des populations de C. rubripinnis (juvéniles, adultes et flux dévalant de pro-larves).
Ces actions permettront de cibler et mutualiser des efforts entrepris par les acteurs locaux, tout en impliquant les populations.

Inspirer les habitants du Brûlé à valoriser leurs patrimoines naturels

Ce projet s’articule autour de 4 actions concrètes afin d’impulser et maintenir des dynamiques locales territoriales autour de l’amélioration de la qualité des espaces paysagers et de la biodiversité à proximité du village du Brulé, porte du cœur de Parc national :

  1. Créer un arboretum sur le terrain du « Chalet », lieu d’exposition et de réception orienté vers l’interprétation du patrimoine et la préservation de la Nature ;
  2. Créer un arboretum sur le terrain de la « Maison Roger » véritable lieu de vie du village ;
  3. Coordonner des chantiers de lutte contre les espèces exotiques envahissantes à « Mamode camp » ;
  4. Sensibiliser le public à la biodiversité, aux espèces exotiques envahissantes et aux pratiques contribuant à la transition écologique.

Durée: 18 mois

LAPWENT LOKAL la pépinière des Caraïbes

Le projet LAPWENT LOKAL « La pépinière des Caraïbes » a pour objectif de répondre aux enjeux de la biodiversité de la commune. En effet, la transformation de ce territoire en moins d’un siècle a fortement dégradé les écosystèmes, et renforcé l’exposition de la ville aux risques naturels. Aujourd’hui, la biodiversité est en danger, et certaines espèces sont menacées de disparition. Pour ces raisons, la ville de Pointe-à-Pitre doit renforcer le maillage végétal actuel et contribuer à la restauration des continuités écologiques identifiées sur l’archipel, en agissant sur différents espaces verts existants ou à recréer. Parmi ceux-ci, le site patrimonial de Darboussier offre la possibilité de recréation d’un parc arboré combinant intérêt pédagogique pour la valorisation de la flore locale et fonctions écologiques.

Actuellement, la ville de Pointe-à-pitre est membre de la communauté d’agglomération Cap Excellence, qui ne possède pas de pépinière intercommunale. C’est la raison pour laquelle, la ville souhaite créer sa première pépinière, ainsi elle pourra assurer la maîtrise de la production des plants, et engager la restauration des sites dégradés.

Durée: 36 mois

EXPRIM – Projet pilote de régénération écologique post-incendie au MaïdoConservatoire botanique national de Mascarin

Le Maïdo, situé en cœur de Parc national à 2200 mètres d’altitude, est un site emblématique de La Réunion offrant une vue vertigineuse sur le cirque de Mafate. Ce site abrite un habitat altimontain tropical unique au monde, malheureusement gravement menacé par l’expansion d’une espèce exotique envahissante transformatrice du paysage, l’ajonc d’Europe, Ulex europaeus. Cette espèce fait partie des 100 espèces les plus envahissantes au niveau mondial et est inscrite sur la liste des plantes exotiques envahissantes à La Réunion par le Conservatoire Botanique National de Mascarin et sur la liste établie par le Comité français de l’UICN. Néanmoins, dans le prolongement du Maïdo, au sein d’un espace appelé « le triangle des Bénares », il est encore possible d’observer cet habitat exceptionnel indemne de toute perturbation.

Le Maïdo (du malgache « Terre Brûlée ») est touché de manière récurrente par des incendies, et ce risque est susceptible de s’intensifier dans les années futures avec les conséquences du changement climatique. Or, les terres incendiées sont un terrain favorable à la propagation de l’ajonc d’Europe, avec un risque de voir cette espèce progresser vers le triangle des Bénares. Aussi, il apparait intéressant, après le passage d’un incendie, de pouvoir mettre en œuvre des actions pour aider le milieu altimontain à se régénérer et pour limiter la progression du front d’invasion de l’ajonc vers la zone à enjeux du triangle des Bénares.

Aussi, c’est en s’appuyant sur le dernier épisode de feu survenu au Maïdo en novembre 2020, qu’il a été proposé de mener un « projet pilote de régénération écologique post-incendie au Maïdo », répondant à trois objectifs complémentaires :

  • Expérimenter des méthodes de régénération du milieu afin d’alimenter un protocole d’intervention post-incendie et ainsi gagner en réactivité pour la mise en œuvre d’actions de lutte et de restauration après le passage d’un incendie sur des zones à enjeux (triangle des Bénares et fronts d’invasion par l’ajonc notamment) ;
  • Augmenter la pression de lutte contre l’ajonc d’Europe afin d’améliorer la patrimonialité de l’emblématique site du Maïdo ;
  • Mobiliser la société civile autour des enjeux de préservation des patrimoines altimontains réunionnais pour une meilleure prise de conscience du caractère exceptionnel et fragile de cette biodiversité si particulière.

Durée: 24 mois

SAMEM – Sauvegarde en arboretum d’espèces menacées à La Réunion

Le projet vise à créer deux arboretums conservatoires, un situé à Saint-Pierre avec l’Armeflhor (Association réunionnaise pour la modernisation de l’économie fruitière, légumière et horticole), l’autre situé à la Plaine des Palmistes avec le Parc national de La Réunion. Ces nouveaux arboretums permettront de mettre en collection des représentants d’espèces menacées issus de populations non représentées actuellement en collection.

La nouvelle Liste rouge de la flore vasculaire de La Réunion révèle que 41% des 962 espèces indigènes évaluées sont menacées. Face à ce constat, le Conservatoire botanique national de Mascarin (CBNM) a élaboré une stratégie de conservation ex situ dont l’un des objectifs est la mise en place d’un réseau d’arboretums conservatoires à l’échelle de l’île afin de constituer un stock de semenciers tracés au service de la restauration écologique et du renforcement de populations d’espèces menacées. Pour cela, 23 zones écologiques conservatoires ont été définies en croisant les bassins versants et les étages de végétations. Chaque zone doit héberger au moins un arboretum afin d’accueillir des représentants des semenciers sauvages des espèces menacées de la zone.

Ce projet contribuera donc à la mise en œuvre de la stratégie de conservation ex situ en mettant en place deux nouveaux arboretums conservatoires. Pour cela, il s’agira de déployer une campagne de récolte de diaspores sur des semenciers sauvages menacés de disparition. Les diaspores récoltées seront par la suite mises en culture et les plants produits seront plantés dans les deux arboretums. Une traçabilité stricte de la récolte jusqu’à la plantation sera assurée selon le protocole du CBNM. Une cartographie précise des plants sera réalisée de manière à conserver leur traçabilité dans le temps mais aussi leur suivi et entretien. A l’issu de ce travail, un guide de création et de suivi d’un arboretum conservatoire sera produit afin de reproduire la méthode sur les prochains arboretums à mettre en place.

Durée: 36 mois

Étude et collecte des déchets métalliques sur 8 sites récifaux de La Réunion

Comme dans le monde entier, la problématique des déchets est d’actualité à La Réunion. On évoque beaucoup les matières plastiques, mais d’autres types de déchets existent, comme les éléments métalliques. Ces derniers seraient d’un point de vue chimique encore plus dangereux que les plastiques. De plus, tous ces éléments sont aussi très gourmands en oxygène en produisant continuellement des oxydes, ce qui peut être préjudiciable dans un milieu où les déficits en oxygène sont fréquents en saison chaude lors des marées basses. Or, la qualité des eaux est primordiale pour la sauvegarde des écosystèmes aquatiques.

Suite à un appel à projets lancé par le Ministère de la transition écologique et solidaire, un projet pilote a été réalisé en 2020 sur la collecte des déchets métalliques immergés, afin de déterminer leur nature, leur quantité et leur répartition. En 26 interventions, un total de 937 éléments pour 250 kg a ainsi été retiré des lagons de l’ouest de La Réunion, dont 35 kg de plomb. La majorité d’entre eux était constituée de fer. Ils sont tous corrodés, souvent coupants ou pointus et constituent un vrai danger physique pour les baigneurs. En 2023, une nouvelle campagne a été initiée avec des moyens plus conséquents. En 35 interventions, un total de 1377 éléments pour 1220 kg a été retiré des lagons de l’ouest de l’île. Ces prospections n’ont fait que confirmer la quantité importante d’éléments métalliques présents le long des plages.

L’objectif de ce projet est de prospecter de nouveaux sites, toujours en se focalisant sur les éléments métalliques, souvent cachés ou enfouis dans le sédiment, d’en appréhender la nature, les quantités, les zones les plus atteintes et enfin, de les retirer définitivement du milieu et de les traiter. Cette nouvelle campagne a été élaborée en capitalisant les expériences précédentes pour traiter de nouvelles zones plus difficiles à explorer.

Duration: 18 mois

DEFCON-TGL : Défendre et conserver le dernier bastion du lézard géant de Tenerife

Le projet DEFCON-TGL vise à protéger le lézard géant de Tenerife, une espèce en danger critique d’extinction. Il s’attaque aux menaces posées par les espèces envahissantes, comme les chats sauvages et les rongeurs, et promeut des actions directes de conservation, des recherches et une sensibilisation communautaire pour assurer la survie de ce reptile.

Durée: 30 mois

Augmenter la biodiversité sur les parcelles agricoles grâce aux infrastructures agroécologiques

Dans un contexte agricole réunionnais peu favorable à la biodiversité (usage encore abondant d’herbicides et de pesticides), les initiatives en faveur de l’agroécologie se développent (agriculture biologique, plantation de haies, protection biologique intégrée des cultures, etc.). Les agriculteurs manquent toutefois de références et d’exemples sur les infrastructures agroécologiques (IAE) dans l’île, notamment sur les mares, dont les impacts positifs sur la biodiversité sont pourtant largement documentés dans l’Hexagone.

A partir de la mise en place d’IAE (mares, haies, îlots fleuris) sur une exploitation agricole pilote (EARL Jasmin Mangua) située en zone de continuité écologique sur la commune de Saint-Leu, ce projet vise à contribuer à l’amélioration des connaissances sur ces dispositifs et leurs impacts écologiques, à destination notamment des autres agriculteurs de l’île. La mise en place d’IAE sur cette exploitation fera l’objet d’un suivi écologique détaillé.

Pour alimenter ces références, le projet prévoit également de tester des IAE (talus, baissières, bandes fleuries) dans d’autres contextes agro-climatiques de l’île, chez les agriculteurs membres du Groupement d’Intérêt Économique et Environnemental (GIEE) sur la protection biologique intégrée (PBI), dont l’EARL Jasmin Mangua est membre. Cette démarche collective, de dimension professionnelle, sera mise en œuvre par l’Union des horticulteurs et pépiniéristes de La Réunion (UHPR) et bénéficiera de l’appui de l’animatrice de ce groupement.

Une autre démarche collective, de dimension plus locale, sera conduite dans le quartier Bois de Nèfles, où se situe l’EARL Jasmin Mangua. Le projet encouragera la plantation d’arbres indigènes et endémiques par les agriculteurs et les associations du quartier, dans un but environnemental (reboisement à proximité de 2 ravines) et social (amélioration du cadre de vie dans ce quartier prioritaire de la politique de la ville). Objectif transversal du projet, la valorisation des résultats du projet concernera différents publics (agriculteurs, élèves, grand public).

Durée : 30 mois

INCRUST RUN

À travers le monde et depuis des siècles, les crustacés marins sont exploités par les populations locales côtières à des fins alimentaires et commerciales. À l’île de La Réunion, les langoustes, Panulirus sp et le crabe girafe, Ranina ranina sont les principaux crustacés décapodes capturés traditionnellement par les pêcheurs côtiers dans les zones lagonaires et sur la pente externe du récif. Ces espèces patrimoniales, à fort intérêt commercial, sont très demandées sur le marché local.

Dans le but de mieux préserver les populations de crustacés de La Réunion, les habitats associés et de développer des activités de pêche durable et responsable, le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins de La Réunion (CRPMEM) souhaite évaluer l’état de santé et la distribution des peuplements de langoustes et de crabes girafes autour de l’île. Pour atteindre les objectifs, des enquêtes de terrain et de l’auto-échantillonnage seront effectués par des pêcheurs professionnels, un inventaire sous-marin et une cartographie des habitats marins côtiers seront réalisés autour de l’île ainsi que le suivi des individus par des opérations en mer de capture-marquage-recapture.

Les données acquises pendant ce projet aideront à mieux connaître l’état actuel des stocks et à améliorer les connaissances sur la biologie, l’écologie et sur les cycles de vie de ces espèces (croissance, reproduction, recrutement, déplacements, etc.). Ces nouveaux paramètres contribueront à établir des zones de conservation halieutiques afin de protéger durablement les populations, à réexaminer la réglementation locale sur la pêche en apportant des éléments scientifiques récents et à élaborer des mesures visant à mieux encadrer et à contrôler l’activité de pêche pour une utilisation et une gestion pérenne des crustacés à La Réunion.

Durée : 24 mois

Lanj, vers des actions adaptées pour la conservation de la raie léopard (Aetobatus narinari) dans les Antilles françaises

Avec une diminution de 50 à 70 % des populations au cours des 30 dernières années, la raie léopard, Aetobatus narinari a rejoint la Liste Rouge de l’UICN en 2021 avec le statut « En danger ». Particulièrement vulnérable face aux menaces côtières comme la dégradation des habitats côtiers et la pêche, il semble essentiel d’agir rapidement dans les Antilles françaises.

En utilisant une approche de gestion fondée sur les écosystèmes, le projet se concentre sur deux objectifs spécifiques : réduire les captures de raies léopard, qu’elles soient intentionnelles ou accidentelles, et minimiser le dérangement des raies. Pour atteindre ces objectifs, diverses actions seront mises en œuvre dont le renforcement des capacités des usagers de la mer et l’accompagnement des politiques publiques et des gestionnaires d’espaces naturels pour faire évoluer les mesures de conservation. Ce projet adopte également une approche participative, mettant les usagers de la mer (dont les pêcheurs) au cœur de l’action. Cette démarche de mobilisation semble être la plus efficace pour agir rapidement dans la réduction de la pression de pêche et du dérangement sur l’espèce. Elle permettra notamment de rétablir le dialogue avec les pêcheurs, favorisant ainsi une coalition entre conservation et pêche.

De plus, l’absence d’une stratégie concrète pour la préservation de la raie léopard est un obstacle dans la région des Caraïbes. Ce projet permettra ainsi de créer le premier plan d’actions Antilles françaises, co-construit avec les usagers de la mer et les services de l’État compétents, visant à assurer sur le long terme la réduction du risque de disparition de la raie léopard dans les Antilles françaises. Cette stratégie sera présentée à l’échelle des Caraïbes pour assurer la pérennisation des actions initiées, notamment en favorisant le développement d’actions communes entre les territoires de la région, couvrant ainsi la majeure partie de l’aire de répartition de l’espèce concernée.

Durée: 31 mois

Oasis Urbaines de Biodiversité : Restauration et replantation de mangroves foyalaises

Le projet « Oasis Urbaines de Biodiversité » est une réponse à la dégradation constatée de la mangrove de Volga-Plage, résultant de l’anthropisation de la zone à la suite de l’effondrement de l’économie sucrière. Face à la menace accrue due au changement climatique, la perte de cette mangrove expose la population locale aux aléas de la mer. Volga-Plage a démontré une force remarquable à sa fondation, notamment par son engagement citoyen et sa capacité à relever les défis socio-économiques et environnementaux qui se présentent. Le quartier s’engage alors résolument vers la durabilité de son développement.

Le projet a pour objectif de restaurer et de préserver la mangrove, en mettant l’accent sur la régénération des habitats et la replantation des espèces végétales indigènes, au niveau de l’embouchure de la Rivière Monsieur ainsi qu’à l’espace Coco l’Echelle. En favorisant la régénération de cet écosystème fragile, le projet cherche à rétablir un équilibre écologique, offrant un refuge sûr pour une variété d’espèces végétales et animales. Il s’agit de réduire l’impact des activités humaines sur la mangrove, préserver des habitats naturels et favoriser la coexistence entre l’Homme et la nature.

En parallèle ce projet a pour ambition de sensibiliser activement les communautés locales et les parties prenantes à l’importance de préserver ces écosystèmes. L’association travaille principalement avec des Ateliers Chantiers d’Insertion (ACI), un élément clé de leur approche leur permettant de former et d’impliquer des personnes éloignées de l’emploi, tout en renforçant les liens sociaux au sein de la communauté. En intégrant également les habitants et la communauté locale dans une dynamique d’« agir ensemble », l’association souhaite engager un véritable élan participatif et citoyen afin de créer un sentiment d’appartenance et de responsabilité collective autour de la protection et de la restauration de la mangrove.

L’ambition affichée est de mettre en place un programme de formation spécialisée visant à doter des équipes de compétences précises en matière de restauration de cet écosystème spécifique. Les équipes seront formées à des techniques avancées de restauration de la mangrove, comprenant la plantation, la gestion écologique et la surveillance de l’habitat. Cette initiative renforcera les efforts de l’association pour assurer la pérennité de la mangrove de Volga-Plage. Les compétences acquises seront par la suite déployables sur d’autres sites dans le giron de Fort-de-France et de façon plus globale en Martinique.

Durée: 24 mois

Reconquête et résilience de la mangrove de Port Cohé

Le projet vise à accompagner la mangrove de Port Cohé, située sur la commune du Lamentin, dans sa résilience naturelle afin de permettre une reconquête naturelle de la biodiversité. La présence d’un port de plaisance aménagé de manière informelle au cœur de la mangrove a causé un défrichement à plusieurs endroits. Elle subit aussi une multitude de pressions causées par un respect limité de la réglementation en vigueur pour protéger l’environnement (pollution, déchets).

Un diagnostic de l’état écologique du site sera effectué après l’élimination des pressions, pour connaître la faisabilité d’une restauration active. Ensuite, les graines de palétuviers rouges et blancs, collectées en période de floraison, seront cultivées dans une pépinière sur site en vue de les exposer aux conditions de marées et aux variations de salinité. Et, quand ils seront arrivés à maturité, ils seront plantés dans les zones à reboiser. Puis, un suivi post-plantation sera mis en place pour suivre leur bon développement dans le milieu.

Durant la réalisation du projet, les membres de l’association, des agents de la CACEM et de la commune du Lamentin mobilisés sur le projet seront formés à la culture des plants, aux activités de plantation et au suivi post-plantation.

« Reconquête et résilience de la mangrove de Port Cohé » impliquera la population, les scolaires et les riverains. Ils seront invités à participer à la réalisation des différentes étapes, ce qui permettra de les sensibiliser à la mangrove et au projet. Cette co-construction du projet a pour objectif de rendre la population actrice dans la protection et la valorisation de son patrimoine naturel et de pérenniser les résultats du projet pour préserver la mangrove à long terme.

Enfin, la communication autour du projet garantira la transparence et favorisera une meilleure coordination de sa mise en œuvre, tout en ayant pour objectif de diffuser les connaissances acquises.

Durée: 36 mois

Amélioration des populations d’espèces végétales indigènes rares et menacées de Guadeloupe

La Guadeloupe compte environ 2400 espèces végétales indigènes, soit 7 % de la flore nationale et 20 % de la flore caribéenne. Parmi ces espèces, 196 sont endémiques des Petites Antilles et 14 % sont menacées, dont 79 en situation critique. Face à la responsabilité régionale et mondiale de la Guadeloupe dans la préservation de cette flore, le pôle Conservatoire botanique de l’ARB-IG propose d’agir pour la conservation d’au moins cinq espèces parmi une vingtaine d’espèces végétales rares et menacées présélectionnées en procédant, in situ, au renforcement de leur population.

Le projet repose sur l’amélioration de l’état des populations par plantation pour renforcer les populations actuelles ou créer des néopopulations, ou éventuellement, par simple renforcement passif (mise en défens et suivis de stations d’espèces rares). Le projet comprend l’ensemble des opérations nécessaires à la conservation des espèces présélectionnées : diagnostic précis de l’état des populations et de leurs stations, collecte et mise en culture du matériel de reproduction, analyse des sites potentiels de renforcement, sélection des méthodes et des sites d’amélioration puis plantation, entretien et suivi. À l’issue du projet, les opérations d’amélioration feront l’objet d’un retour d’expérience pour établir les stratégies futures pour la conservation de ces espèces et faciliter la réplicabilité de ce type d’opérations pour d’autres espèces.

Pour ce projet, le Conservatoire botanique propose de travailler sur un panel large de 24 espèces présélectionnées, car cela permet de mutualiser les moyens à mettre en œuvre par espèce, d’adapter les stratégies d’actions aux résultats d’une part de l’analyse des populations et de leurs stations (situation foncière et conditions écologiques notamment) et d’autre part des phases de collectes et de production. Ce choix garantit de pouvoir améliorer les populations pour au moins 5 espèces tout en maximisant le nombre d’espèces potentiellement concernées.

Durée : 36 mois

Plus belles les mares, saison 1 Bois Jolan

Le projet « Plus Belles Les Mares » se concentre sur la restauration et la protection de quatre mares situées dans la zone littorale de Bois-Jolan, une zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) du territoire de Sainte-Anne.

Ces mares couvrent une superficie de plus de 8 600 m² et font face à diverses pressions anthropiques qui dégradent leur état écologique.

Ce projet vise à répondre à plusieurs pressions identifiées :
1- Les espèces exotiques envahissantes avec la prolifération de la massette de Saint-Domingue (Typha dominguensis).
2- Les pollutions anthropiques avec les macrodéchets, et les impacts liés aux bovins.

Le projet a donc pour objectif de restaurer ces mares dégradées en arrachant les plants de typha et en mettant en place des mesures de biosécurité afin de prévenir la réintroduction d’espèces envahissantes. Dans l’optique d’inclure la population dans ces actions, des chantiers participatifs et des inventaires de la biodiversité participatifs seront organisés.

De plus, ce projet s’attèlera à gérer les usages anthropiques sur le site de Bois-Jolan afin de préserver sa biodiversité. Des actions de sensibilisation à la pollution seront mises en place avec des campagnes de ramassage des déchets participatifs.

Enfin, pour préserver le site une fois restauré, les acteurs locaux seront formés à l’entretien des mares.

En somme, le projet « Plus Belles Les Mares » combine des actions de lutte contre les espèces envahissantes, des mesures de préservation de la biodiversité et une gestion améliorée des impacts anthropiques pour restaurer et protéger les mares de Bois-Jolan.

Durée : 36 mois

Restauration de la biodiversité floristique du littoral de la Perle-Rifflet sur la commune de Deshaies, dans un contexte de recul du trait de côte

Le projet a pour ambition de lutter contre la perte de biodiversité au niveau des habitats côtiers composant la zone littorale de la Perle-Rifflet. Localisé sur la commune de Deshaies, au niveau de la côte-sous-le-vent sur l’archipel de la Guadeloupe, le site identifié dans le cadre du projet de restauration écologique du bord de mer, se caractérise par une attractivité importante. Cette dernière s’illustre notamment par une fréquentation liée aux usages touristiques et récréatifs, des activités s’appuyant considérablement sur un patrimoine naturel et paysager remarquable fortement fragilisé.

De ce constat, une érosion notable de la biodiversité et des habitats est observée sur ce secteur, impactant donc la qualité des services écosystémiques et des fonctions écologiques des écosystèmes de plage. Il s’agit d’un phénomène qui semble s’accentuer avec le développement des activités anthropiques s’exerçant sur cet espace, et les effets du changement climatique. Le recul du trait de côte qui marque ce site, fragilise directement les enjeux écologiques et socio-économiques identifiés au niveau de la bande côtière et ses espaces limitrophes.

Ainsi, la démarche envisagée vise à s’appuyer sur les solutions fondées sur la nature, et envisage une approche transversale avec l’ensemble des parties prenantes concernées. Elle implique également des actions participatives et de sensibilisation des acteurs de la zone littorale, afin de permettre une meilleure appropriation des enjeux de restauration et de conservation de la biodiversité, de même que pour favoriser une pérennisation des actions mises en place.

De plus, l’élaboration d’une méthodologie basée sur l’expertise des partenaires du projet, tant sur le protocole de production des plants, que sur la mise en défens ainsi que sur la gestion et le suivi des mesures, doit faciliter l’exploitation des résultats et la réplication de cette initiative sur d’autres sites de la commune.

Durée: 24 mois

Restauration de continuités écologiques – Élaboration de la stratégie TVB et application sur le territoire

Les espaces naturels en Guadeloupe ont fortement régressé au profit de l’agriculture et de l’urbanisation. Les milieux naturels les plus affectés sont les forêts. Les grands réservoirs de biodiversité se retrouvent ainsi fortement fragmentés et isolés. La principale fracture concerne les réservoirs à l’intérieur des terres et les milieux littoraux. L’enjeu principal est ainsi de maintenir, restaurer ou recréer des continuités écologiques entre ces réservoirs.

À l’échelle de la commune de Saint-Claude, un axe prioritaire a été identifié sur lequel les fonctionnalités écologiques sont dégradées et dans un état moyen à mauvais. Ainsi, le projet a pour objectif de restaurer les fonctionnalités écologiques de la sous-trame forestière sur l’axe prioritaire principal de la commune entre deux réservoirs majeurs de Guadeloupe, le cœur du Parc national de la Guadeloupe et le milieu littoral. Un diagnostic a ainsi été réalisé sur les parcelles situées sur cet axe dans le cadre de l’Atlas de la Biodiversité Communale (ABC) de Saint-Claude. Il a permis de sélectionner trois parcelles (1 publique et 2 privées) situées au cœur de la commune, dans un milieu très anthropisé, sur lesquelles la collectivité souhaite entamer des actions de restaurations.

Pour cela, le projet va :

  • créer / restaurer des espaces favorables à l’accueil et la circulation de la biodiversité ;
  • augmenter la surface et la qualité des espaces naturels à l’échelle du territoire ;
  • protéger de nouveaux espaces naturels via, par exemple, l’intégration du projet à la politique d’aménagement du territoire ;
  • agir sur la trame verte et noire.

Durée : 30 mois

Restauration de la forêt sempervirente saisonnière dans Les Monts Caraïbes : Lutte contre les espèces exotiques envahissantes et restauration de l’écosystème

Le projet vise à restaurer la forêt sempervirente saisonnière des Monts Caraïbes sur une parcelle de la commune de Gourbeyre dégradée par les activités agricoles qui ont favorisé l’installation d’espèces exotiques envahissantes (EEE). Suite à l’étude de faisabilité réalisée en mai 2019 par un bureau d’études environnemental, plusieurs habitats ont été identifiés. Deux zones sont considérées comme prioritaires avec la présence d’EEE comme le bambou, Bambusa vulgaris et l’herbe de Guinée, Panicum maximum dont la prolifération menace le couvert végétal composé d’arbres remarquables. Ce projet s’inscrit dans trois documents de politique publique locale : le plan de gestion des Monts Caraïbes initié en 2019 ; la convention d’application de la charte de territoire du Parc national de la Guadeloupe de 2020 ; et le plan d’action qui a permis le renouvellement de la reconnaissance Territoire Engagé pour la Nature (TEN) en 2023.

L’objectif de ce projet est de mettre en œuvre une stratégie d’intervention pour lutter contre la propagation et l’élimination d’espèces exotiques envahissantes en vue de restaurer les écosystèmes impactés. Pour cela, la régénération naturelle et la réintroduction d’espèces indigènes présentes sur une parcelle voisine sera privilégiée.

Par ailleurs, le projet a pour ambition de sensibiliser et former l’ensemble des habitants de la commune de Gourbeyre notamment les usagers des Monts Caraïbes mais également les jeunes du Régiment du Service Militaire Adapté (RSMA) de la Guadeloupe afin de faciliter leur réinsertion dans le milieu socioprofessionnel. Il comprend aussi la réalisation d’un guide de réplicabilité permettant de dupliquer l’initiative sur la commune et l’ensemble de la bande intertropicale. Ce guide présentera principalement le protocole innovant d’élimination de l’herbe Guinée, Panicum maximum.

Durée : 36 mois

Restauration de la continuité écologique de l’embouchure de la rivière de Vieux-Fort à Saint-Louis de Marie-Galante

Le marais de la rivière de Vieux-Fort est un très beau site avec des enjeux floristiques et faunistiques remarquables à préserver. Malgré la présence d’une route et de son enrochement qui ont un impact significatif sur le milieu, le site est peu anthropisé. Cependant, cet environnement principalement constitué d’un écosystème de mangrove, est confronté à un déséquilibre induit par une dessalure du milieu.

En effet, un diagnostic préliminaire réalisé en mars 2024 a mis en évidence que la salinité de la mangrove en plusieurs points de mesure est majoritairement proche de 0 ‰. Or les valeurs de salinité en dessous de 5 ‰ sont attribuées aux milieux d’eau douce.

Cette situation découle majoritairement de la rupture de la continuité écologique entre la mer et la rivière, engendrée par la présence d’une route littorale et d’un enrochement. Bien qu’une partie de l’embouchure de la rivière ait été préservée, la présence de ces ouvrages ne permet pas la connexion entre les milieux, notamment à cause d’une accumulation de sédiments à l’embouchure. A cette première perturbation pourrait s’ajouter un apport excessif en eau douce provenant des bassins-versants urbanisés et agricoles. Ainsi, ce déséquilibre se traduit par une diminution de la résilience de la mangrove et de la compétitivité des palétuviers face à la liane à barrique qui prolifère dans le milieu à la défaveur des palétuviers. En effet, dans des conditions de salinité favorables à la mangrove, la liane à barrique, espèce indigène inféodée aux milieux littoraux entant l’écosystème de transition, est en équilibre avec la mangrove et ne s’étend pas au détriment des palétuviers.

De plus, l’adoucissement du milieu pourrait permettre l’implantation de nouvelles espèces dulçaquicoles, dont certaines espèces exotiques envahissantes qui bordent le site.

L’objectif principal du projet est de rétablir l’équilibre écologique du milieu en favorisant l’augmentation de la salinité dans la mangrove.

Durée : 24 mois

Préservation et aménagement d’une mare à reproduction explosive d’amphibiens

Les amphibiens, dont le déclin mondial est alarmant, jouent un rôle crucial dans les écosystèmes des zones humides, et leur disparition pourrait entraîner des conséquences majeures sur ces écosystèmes.

Certaines espèces synchronisent leur reproduction et se rassemblent en masse, lors de conditions optimales, dans un phénomène spectaculaire appelé « reproduction explosive ». Les mares qui accueillent ces événements sont essentielles au maintien des populations d’amphibiens, notamment pour des espèces qui dépendent entièrement de ce mode de reproduction. Ces brefs évènements peuvent rassembler plusieurs dizaines de milliers de grenouilles qui se bousculent et s’enserrent dans un chaos sonore et visuel. Ces rassemblements attirent de plus en plus de visiteurs, accentuant la pression sur ces sites sensibles.

En Guyane, la route départementale 6, ou route de Kaw, abrite plusieurs mares forestières d’une importance écologique majeure. Parmi elles, la mare « Blanc-Marty », devenue très fréquentée, est un lieu privilégié de reproduction pour diverses espèces. Le projet piloté par l’association CERATO vise à préserver ce site des impacts liés à l’afflux de visiteurs.

Les actions du projet incluent une étude écologique de la mare pour évaluer son état initial, suivie d’une comparaison avec les résultats en fin de projet pour mesurer l’évolution des espèces d’amphibiens qui habitent le milieu. Un parcours balisé sera aménagé pour protéger les œufs et limiter la pollution du milieu aquatique. L’association assurera aussi une présence sur site lors des périodes de reproduction pour sensibiliser le public aux comportements responsables. Des animations seront organisées dans des écoles pour faire découvrir ce phénomène naturel aux jeunes Guyanais.

L’objectif global du projet est de valoriser ce patrimoine naturel unique tout en assurant la préservation des espèces sensibles qui y vivent.

Durée : 21 mois

Construction concertée d’une démarche autour de la protection et la valorisation du Mont Mahury

Le Mont Mahury est un site emblématique de la Guyane, s’étendant sur plus de 900 hectares sur l’île de Cayenne à Rémire-Montjoly. Il est constitué d’une couronne de petites collines et d’un sommet qui culmine à 162 mètres sur lequel on trouve des petits lacs artificiels (Lac Rorota, Lac Lalouette, Lac de Rémire). Il reçoit d’abondantes précipitations, favorisant une végétation forestière avec des espèces disparues dans la plaine alentour. Il abrite également une faune abondante, dont certaines espèces emblématiques de la Guyane.

Le Mont Mahury possède également un riche patrimoine historique, avec des vestiges précolombiens (roches gravées) et coloniaux (habitations Loyola et Le Diamant), ainsi que des structures militaires. En raison de la richesse de ce patrimoine, il a été classé site pittoresque en 1982 (loi de 1930), et certains secteurs, comme le Fort Diamant et les polissoires, sont inscrits aux Monuments historiques.

Cet espace fait face à de nombreuses pressions. Les zones basses sont particulièrement touchées par l’urbanisation croissante et l’érosion côtière. Parallèlement, la présence de cultivateurs illégaux défrichant plusieurs hectares sur les parties hautes et basses du Mont perturbe les sols, la biodiversité et la dynamique hydrologique. Ces atteintes menacent les continuités écologiques de ce site remarquable.

Dans ce contexte, le Conservatoire du littoral souhaite engager une action de concertation pour protéger et valoriser le Mont Mahury. Le foncier du Mont est actuellement partagé entre la Collectivité Territoriale de Guyane, le Conservatoire du littoral et des particuliers. Il est donc essentiel de mettre en place une démarche territoriale partagée et une concertation avec l’ensemble des parties prenantes. Cette concertation visera à établir une stratégie commune axée sur plusieurs volets : la protection par la maîtrise foncière, la gestion des sites, la réflexion autour des cultivateurs illégaux, la restauration des zones dégradées et l’ouverture du site au public grâce à l’aménagement d’un sentier pédagogique.

Durée : 36 mois

Nouveaux espaces protégés, nouveaux enjeux : élaboration et mise en œuvre des plans de gestion sur deux sites du Conservatoire du littoral

Le développement de la Guyane s’organise essentiellement sur la frange littorale, avec une croissance démographique importante (115 000 habitants en 1990, 290 000 en 2021). Cela pose d’importants défis d’aménagement et de préservation, notamment dans les zones de forte croissance où se situent les sites du Conservatoire du Littoral, identifiés pour leur importance historique, paysagère, de conservation de la biodiversité et des habitats. Ces sites se trouvent souvent à l’interface entre des défis perçus comme contradictoires, qu’il convient de concilier.
Le projet se déroulera sur deux sites du Conservatoire du Littoral, Tigamy à Matoury et Pointe-Liberté à Macouria, géré et co-géré par l’association Kwata, en partenariat avec le Conservatoire et les communes d’implantation. Ces sites présentent des enjeux patrimoniaux majeurs, tant pour la diversité de leurs habitats que pour la préservation de la biodiversité, notamment dans les zones humides qui abritent des espèces menacées comme le jaguar et le pécari à lèvres blanches. Ces sites jouent également un rôle de réservoirs de biodiversité tout en conservant un riche patrimoine historique, comprenant des vestiges amérindiens et des habitations esclavagistes.

Le premier axe du projet consiste à élaborer un plan de gestion pour un site et à actualiser celui de l’autre. Ces plans sont les outils stratégiques nécessaires pour identifier et partager avec l’ensemble des parties prenantes les principaux enjeux et actions prioritaires à mettre en place, à moyen et long terme.

Le site de Tigamy, extension du site de Vidal, qui dispose déjà d’un plan de gestion, verra ce plan étendu pour intégrer les nouveaux enjeux écologiques, paysagers, patrimoniaux liés au doublement de la surface protégée. Pour le site de Pointe Liberté, tout le plan de gestion sera élaboré en collaboration avec la commune de Macouria, co-gestionnaire depuis 2021.

Ces plans s’appuieront, si nécessaire, sur l’acquisition de nouvelles connaissances sur les usages et la biodiversité, et seront développés en étroite collaboration avec les partenaires et parties prenantes. Le projet aboutira à la mise en place de comités de gestion et à l’approbation des plans, qui deviendront la feuille de route des gestionnaires.

Le second axe du projet soutiendra la gestion quotidienne des sites : surveillance, suivi de la biodiversité activités pédagogiques et de découverte, communication, et développement des partenariats.

Durée : 20 mois

CoJaG – Coexister avec le jaguar en Guyane

La transformation progressive de la forêt amazonienne en zones urbaines et agricoles entraîne la perte et la fragmentation de l’habitat des félins en Guyane. L’anthropisation croissante du territoire rapproche ces prédateurs des populations locales, ce qui intensifie les conflits, en particulier avec les éleveurs. Depuis 2018, l’association HISA a recensé une centaine d’attaques chaque année et a observé que plus de la moitié des éleveurs guyanais sont concernés par ces interactions. Faute de moyens pour protéger leurs troupeaux, les éleveurs ont souvent recours aux tirs de représailles.

En 2020, pour répondre à l’urgence, HISA a déployé plusieurs dispositifs de protection dans diverses exploitations en Guyane, tels que des dispositifs lumineux (Foxlight), des clôtures électriques, et l’acquisition de chiens de protection de race Kangal, à travers le projet COFEEL (COexistence FElins-Eleveurs).

Bien que l’efficacité des chiens Kangal pour protéger les troupeaux soit largement reconnue dans diverses régions du monde (Namibie, France métropolitaine, Turquie), le manque de moyens financiers a limité l’acquisition de ces chiens en Guyane. Cela a freiné la capacité d’HISA à mener une évaluation rigoureuse et statistique de leur impact. Néanmoins, les premières observations réalisées chez les éleveurs volontaires, très satisfaits du dispositif, sont prometteuses.

Le projet piloté par l’association HISA vise à évaluer l’efficacité de cette mesure de protection afin de la proposer plus largement aux éleveurs de la région. Douze chiots seront acquis et dressés par des éleveurs volontaires préalablement sélectionnés. Des protocoles d’évaluation rigoureux seront mis en place pour mesurer l’efficacité de la méthode, tout en surveillant de près l’impact environnemental des chiens. Des ateliers d’échanges seront également organisés, réunissant des éleveurs guyanais et étrangers de la région ayant déjà adopté cette mesure, créant ainsi une opportunité précieuse de partage d’expertises et de retours d’expérience sur la mise en place de cette mesure.

Durée : 18 mois

Inscrivez-vous à la newsletter